Pour joindre les deux bouts, Richard Baud obligé de cumuler les mandats

Richard Baud (en centre) lors d'une réunion où il était à la fois adjoint au maire, conseiller départemental et vice-président de l'Agglo

Les temps sont durs. La pandémie de Covid-19 risque d’entraîner 150 millions de personnes de plus dans l’extrême pauvreté cette année dans le monde.

Mais le problème n’est pas nouveau. Avant même la crise sanitaire, la France était déjà confrontée à la pauvreté, alors qu’une partie du phénomène échappe toujours aux statistiques. Personne n’évite la réalité qui s’abat sur notre société et tout le monde doit trouver des solutions pour survivre.

C’est le cas de Richard Baud. Enfant pauvre venu de la rue, l’homme s’est construit seul et vient de loin. « Il y a quelques années, j’avais plus rien, il me fallait un boulot, n’importe quoi mais il fallait que je m’en sorte ». Comme beaucoup, il se tourne alors vers de l’argent facile : celui du contribuable. L’astuce fonctionne et il se fait élire au Conseil Départemental en 2015.

« Un petit 30 000€ par an, ça met un peu de beurre dans les épinards, mais on vit dans une région compliquée, je n’arrivais toujours pas à boucler les fins de mois. » Seule solution : obtenir d’autres mandats, et si possible moins fatigants. Un poste d’adjoint au maire semblait parfait et pouvait facilement déboucher sur un siège à l’agglo…

Comment trouver 40 000€ de plus

Pour obtenir une écharpe tricolore, le conseiller départemental a dû sérieusement prospecter. D’abord auprès de l’ancien maire, avec qui il se la joue Franck Underwood en imaginant des configurations de candidatures avec Denais, Moracchini et Baud-Roche, pour finalement être éconduit de son désir de mandat municipal, l’obligeant à se rabattre sur le candidat Arminjon.

« Ça s’est pas fait tout seul, j’ai dû le séduire en lui faisant plein de compliments et en lui racontant un nombre incalculable de mensonges, comme par exemple qu’il avait toutes les qualités pour travailler dans un climat serein et constructif. Mais notre relation a finalement été officialisée en janvier 2020. »

Aujourd’hui, Richard Baud est 3e adjoint et a même obtenu le fauteuil de 9e vice-président de l’agglomération. Il est heureux : « Sincèrement, c’est une bonne gâche, je suis en charge des espaces verts, des mobilités douces et de la propreté urbaine, donc autant vous dire que ça me donne pas beaucoup de travail à Thonon ! ». Mais l’élu avoue que c’est parfois schizophrénique : « Quand je dois faire des réunions avec Christophe Arminjon, je ne sais plus si je m’adresse au Maire de la ville de Thonon ou au Président de Thonon Agglo et moi je ne sais plus si je suis Conseiller Départemental, adjoint au maire ou vice-président de l’agglomération… ça demande une sacrée gymnastique d’esprit ! » Heureusement que le nouveau maire s’y connaît en gymnastique…

Au beurre du Département, il s’agit donc d’ajouter désormais pour Richard Baud 20 000€ comme maire-adjoint et 17 000€ comme vice-président de l’agglomération. « Manque de pot, quand on détient d’autres mandats électoraux, on peut pas être payé plus de 8434€ bruts par mois, donc un petit 100 000€ par an, c’est révoltant, ils se rendent pas compte de la précarité dans laquelle on vit ici », s’exclame l’élu, qui milite pour une prime de vie politique chère.

Toujours plus

Mais l’homme pourrait viser plus. « Trois mandats, c’est pas non plus la panacée, en plus on est obligé de se faire renouveler par les citoyens comme si on passait régulièrement un entretien d’embauche, donc je dois rester sur mes gardes et constamment donner le change, faire croire que je suis sympa, tout ça… »

Justement, les élections cantonales se rapprochent et pourraient lui faire perdre un de ses jobs. « Je suis sur les starting-blocks, je passe mon temps avec les pompiers parce que ça rapporte des voix. Je peux plus supporter Patricia Mahut (son binome au conseil départemental ndlr), parce qu’elle peut pas s’empêcher de bien faire son boulot mais bon, faut bien convaincre la pollution, heu la population, de nous réélire. »

S’il est bouté hors du conseil départemental cette année, Richard Baud n’exclue pas de se lancer aux législatives : « Si Marion Lenne y a réussi, je vois pas pourquoi je monterais pas à Paris, moi aussi je sais être opportuniste ».

À quand un poste de Ministre et de Sénateur pour compléter le millefeuille politique ?

1 Commentaire

  1. J’ai perdu mon temps à lire un ramassis d’informations plus inutiles les unes que les autres. Et dire qu’il y a du monder derrière ce genre de site de bas étage juste pour influencer, manipuler l’opinion et détruire des opposants solides. La vraie question est qui est derrière ce site web inutile??? Richard Baud est un élu qui s’investit dans son travail et fait ce pour quoi il a été élu.

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