Thonon : Pour la première fois, la ville se munit d’un budget géré par le conseil municipal

La municipalité menée par Christophe Arminjon a inclus dans son portefeuille 2021 un budget qui sera géré par les conseillers municipaux et non plus seulement par le maire-tout-puissant et son premier adjoint. Si le dispositif est déjà en place et efficace dans de nombreuses villes françaises, c’est une première à Thonon.

Lors du dernier conseil de l’année, le 21 décembre, la municipalité a présenté son budget pour l’année 2021, le premier de l’ère Arminjonne. Au milieu des chiffres évoqués, une enveloppe d’un million d’euros a retenu l’attention : une somme qui pourra être utilisée pour des projets des différents conseillers municipaux, avec la promesse de ne pas être rabroués violemment par l’édile ou méchamment humiliés par son grand vizir. Une situation dont Elisabeth Charmot, opposante écologique, ou Arminjon lui-même lorsqu’il était dans l’opposition, ont largement fait les frais lors du précédent mandat.

Le montant peut faire tourner la tête à n’importe quel conseiller, mais la réalité est plus raisonnable puisqu’il ne s’agit que d’une partie du budget de la ville qui devra être dédié à un nombre conséquent de projets annuels. « Vous êtes charmante mais vous voyez ce que ça fait déjà un million, Larmina ? », rétorque Christophe Arminjon lorsque notre journaliste compare le montant de l’enveloppe par rapport au budget global de plus de 50 millions, soit environ 2%.

Concrètement, comment ça marche ?

Comme tout dispositif d’importance, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Les projets devront être présentés en conseil municipal par chaque apporteur d’idée et, s’il recueille la majorité des votes après étude en commission, de l’argent sera alloué à cette réalisation pour un déploiement sous 4 à 5 ans. « Si une proposition est validée, elle devrait être financée mais attention à ne pas tout dépenser non plus, les enfants », poursuit le premier magistrat.

Un vieux concept qui donne du pouvoir au peuple

« Pour cet ambitieux projet, nous nous sommes inspirés d’un concept grec qui a été assez en vogue à une certaine époque et qui s’appelle la démocratie », explique Christophe Arminjon, le nouveau maire, pour qui la Mairie songe à racheter l’Excelsior.

Le principe de ce modèle de gouvernance ancestral : se mettre autour d’une table et décider à plusieurs. Du jamais vu à Thonon depuis des décennies.

« Je suis assez emmerdé parce que c’est plutôt coolos comme idée et ça ressemble plutôt bien à ce qu’on devrait en théorie faire dans une République mais comme je suis une figure de l’opposition, je suis censé y être opposé », balbutie Jean-Baptiste Baud avant de s’allonger en PLS, le temps de se décider sur la réaction à adopter.

Opération séduction ?

Pendant toute son interminable campagne qui aura durée 20 ans pour enfin conquérir le trône thononais, Christophe Arminjon n’a jamais cessé de répéter qu’il voulait réconcilier les Thononais et la politique. « Là, je fais encore mieux : je montre aux élus qu’ils peuvent parfois servir à quelque chose dans le processus de décision, c’est énorme comme avancée, c’est une révolution et c’est moi qui l’ai fait tout seul », conclut l’édile, qui espère avec cette mesure réinteresser les électeurs et donner envie aux 65% d’absents de se bouger aux prochaines élections.

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