Mariage de deux facteurs à Orcier : les époux attendus « entre 10h et 18h », en vain

Nicolas Marclay, 49 ans, conseiller municipal et facteur assurant la tournée d’Orcier devait épouser Martine Boissinot, 59 ans, factrice assurant celle d’Allinges. Mais la mairie a attendu toute la journée sans les voir et un avis de passage a été retrouvé le lendemain dans la boîte aux lettres de l’hôtel de ville.

C’est une union qui aurait dû couler de source : le facteur d’Orcier et la factrice d’Allinges, unis dans la distribution du courrier depuis plusieurs années, ont annoncé leur mariage, comme en parlaient nos confrères du Dauphiné Libéré le 1er août.

Mais sur le carton d’invitation, une seule mention tenait lieu d’horaire : « Les mariés passeront en mairie entre 10h et 18h ». Une formulation qui n’a étonné aucun des deux services postaux concernés, mais qui a jeté un froid protocolaire chez la première magistrate de la commune, Catherine Martinerie-Détraz, chargée de célébrer la cérémonie et qui avait pourtant libéré sa journée entière par précaution. « On m’avait dit de ne pas bouger tant que je n’avais pas vu passer les mariés, sous peine de devoir reprogrammer la noce a posteriori », confie-t-elle, encore marquée par cette attente.

De 10h à 18h précises, la salle des mariages est donc restée en configuration festive : fleurs sur l’autel, écharpe tricolore repassée, chaises alignées. La secrétaire de mairie affirme avoir vérifié la sonnette « au moins vingt fois ».

Un avis de passage retrouvé le lendemain

À 18h01, faute de mariés, le pot de vin d’honneur a été rangé au frigo. Ce n’est que le lendemain matin que la mairie a fait une découverte qui a confirmé toutes les craintes : un avis de passage, glissé dans sa propre boîte aux lettres, indiquant qu’« en raison de l’absence de l’édile », les mariés repasseraient « un autre jour, à un horaire non communiqué ».

« On ne va pas se mentir, on s’en doutait un peu », soupire une adjointe, qui envisage désormais de faire river un panneau « Merci de sonner deux fois » sur la porte de la salle des mariages, en prévision d’une nouvelle tentative de cérémonie.

Contactée, la Poste n’a pas confirmé si les intéressés seraient également chargés de distribuer eux-mêmes les faire-part de mariage, ce qui expliquerait, selon plusieurs habitants d’Orcier, « pourquoi certains ne les ont toujours pas reçus ».

Serge Groleowl, avec Vincent Trime et Victor Segma

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